LA POLOGNE VOUS INVITE - VOïEVODIE PODLASKIE
En bordure de la frontière lituanienne et biélorusse, au nord-est de Varsovie, se trouve la voïvodie de Podlasie. La diversité de la nature, la coexistence de plusieurs nations, cultures et religions, la richesse du patrimoine monumental et de nombreux itinéraires touristiques inspirent à rendre visite à ces terres parmi les plus belles et plus originales de la Pologne.
Crée le 1er janvier 1999, à partir des anciennes voïvodies de Bialystok et Lomza, ainsi que d’une partie de l’ancienne voïvodie de Suwalki, la région de Podlasie a une superficie de 20 180 km2 et compte 1 221 000 habitants. Le nom de la voïvodie fait référence à la région historique de Podlachie.
La voïvodie de Podlasie a plus de mille ans d’histoire passionnante. Couverte par des forêts et des marais impénétrables, elle ne comptait pas beaucoup d’habitants. Au début du Moyen-Âge, la partie au nord fut habitée par la tribu des Jatzviengs. Courant le 13e et le 14ème siècle, le Podlasie subit une escalade des invasions lituaniennes. L’établissement de l’Union entre la Pologne et la Lituanie en 1385 et la domination de la puissance de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques en 1410, ouvrirent une période de paix et de stabilisation sur l’ensemble des frontières. Ceci eut également pour conséquence le développement des migrations et la relance économique de la région.
Incorporé à la Couronne en 1569, le Podlasie fut, depuis ce temps et jusqu’à la division de la Pologne au 18ème siècle, l’une des onze voïvodies de la région de Malopolska. Après la troisième division (1795) et après la
confiscation de l’indépendance du pays, presque toute la région de la Voïvodie Podlaskie devint une partie du territoire prussien. Après le Congrès de Vienne en 1815, le département de Lomza fut incorporé au Royaume Polonais. Courant le 19ème siècle, les terres de la voïvodie fut partagées entre l’Empire russe et le Royaume Polonais. La région subit la politique de russification. Pendant les années 80 du 19e siècle, une partie de la population juive russifiée, appelée les «litwiaki», arriva à Bialystok. Pendant la guerre de 1914-18, le territoire fut occupé par l’armée allemande qui entreprit l’exploitation des forêts en construisant en même temps des voies ferroviaires.
Au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, la voïvodie fut incorporée à la République Socialiste Russe. Seul le secteur de Suwalki fit partie de l’Allemagne. Après la guerre, les territoires de l’est ne furent pas réintégrés à la Voïvodie Bialystok. En même temps la voïvodie fut prolongée par des unités administratives de Prusse orientale comme Goldap, Olecko et Elk. La voïvodie exista dans cette configuration jusqu’à la réforme administrative de 1975, c’est alors que ses frontières furent déplacées à nouveau. En raison de cette division, trois nouvelles voïvodies furent créées : Bialostockie, Suwalskie et Lomzynskie.
Aujourd’hui, le capital environnement, préservé dans son état quasi-naturel, est le bien le plus précieux de cette région en grande partie agricole. Les réserves naturelles recouvrent 1/3 du territoire. Avec ses 4 parcs nationaux, ses immenses espaces forestiers, ses lacs et rivières non pollués, sa faune et sa flore unique, le Podlasie peut charmer tous les curieux. La diversité des paysages est un atout majeur de la région : de grands marécages dans les bassins des rivières Biebrza et Narwia avoisinent la forêt vierge d’Augustow ; la descente en kayak de la Czarna Hancza peut se transformer très vite en escalade de montagnes postglaciaires la Krzemieniucha ou la Sowia Gora. 
Consacrée «poumon vert de la Pologne» par l’UNESCO, cette région est aujourd’hui en plein essor touristique. Laissons-nous émerveiller par ces mille couleurs. Vert comme la région la plus verdoyante du pays. C’est à partir de Bialystok -la capitale de la région -que nous commençons notre visite. Cette ville, la plus importante du nord-est de la Pologne, est un centre administratif, scientifique et culturel. Créée au 16ème siècle, elle a connu un essor important au 19ème siècle en tant que centre de l’industrie textile. En 1920, durant la guerre russo-polonaise, les bolcheviks occupèrent le palais Branicki, ancien fief des seigneurs locaux.
Cet édifice à la fois raffiné et grandiose, construit entre 1697 et 1740, est aussi connu sous le nom de «Versailles de Podlasie». Il fut entouré des jardins avec de magnifiques sculptures, cascades et pavillons richement décorés. Au fond du parc, la famille de Branicki fit construire un théâtre où jouait la troupe de Wojciech Boguslawski. Autour de la résidence, aux temps de sa plus grande splendeur, se développait la ville.
Aujourd’hui, après des siècles, on découvre, hérité de cette époque, l’hôtel de ville, un couvent, un ancien hôpital et le plan du centre de la ville imaginé par les Branicki. Bialystok symbolise à elle seule le métissage religieux de la région. En effet, les églises catholiques avoisinent les églises orthodoxes et leurs cloches sont la dominante caractéristique du panorama de la ville. Ainsi, le classicisme de l’église orthodoxe Saint-Nicolas du 19e siècle contraste avec la cathédrale moderniste catholique Saint-Roch, élevée en 1930 et dont le clocher atteint 81 mètres. La cathédrale néogothique Notre-Dame-de-l’Assomption domine l’artère principale de Bialystok rue Lipowa.
Cette promenade du centre de la ville avec ses élégantes boutiques évoquerait, selon certains, l’ambiance d’une Bialystok industrielle du 19e siècle. Au cours de la balade, on peut s’arrêter dans le parc Planty, fondé dans les
années 1930 à la place de l’ancien jardin zoologique. A ses extrémités se trouvent: le Théâtre Dramatique, la Philharmonie de Bialystok et le Musée de la Sculpture d’Alfons Korny. Ce dernier occupe l’un des plus beaux édifices en bois construit à la fin du 19e siècle. Son intérieur éclectique invite à un voyage à travers les styles et époques. Bialystok, située à 188 km de Varsovie et 54 km de la frontière avec la Biélorussie, constitue un carrefour de routes internationales de l’Ouest à l’Est. Le voisinage de la Biélorussie, mais aussi de la Lituanie et de la Russie facilite les échanges culturels et commerciaux. La coexistence de plusieurs nations à Bialystok et dans toute la région a poussé Ludwik Zamenhof, né dans cette ville, à créer une langue internationale - l’espéranto.
Il faut venir à Bialystok aussi pour entendre, dès la gare, l’accent d’ici - très chantant - et pour déguster ses spécialités. Les plus connues sont «kiszka» et «babka ziemniaczana» à base de pommes de terre. Leur goût sera relevé grâce à une bonne pinte de la bière locale «Doilidy». Seulement à quelques kilomètres de Bialystok, s’étendent des forêts immenses, en grande partie incluses dans les réserves naturelles, et des villages pittoresques. Au nord de cette ville, de plus en plus agitée, se situe le petit village de Wasilkow.
Notre attention attire l’église orthodoxe de la fin du 19e siècle. En peu en dehors du village, sur une colline de pins, un cimetière unique dans son genre fascine. On y trouve un ensemble de sculptures représentant la Passion du Christ et des anges, les restes des portails, des balustrades et des mures gravés de versets bibliques. Cet œuvre date des années 1950 et fut créé par le curé de l’époque Waclaw Rabczynski.
A l’est de Bialystok, qui reste toujours notre point de référence, et à l’orée de la Grande Forêt Vierge Knyszynska, il vaut la peine de découvrir la petite ville de Suprasl. À travers des siècles,
Suprasl fut un lieu de prédilection des moines, artistes et fabricants-philanthropes. Aujourd’hui, elle est notamment connue par le théâtre «Wierszalin» dirigé par Piotr Tomaszuk, l’une des troupes théâtrales les plus intéressantes du pays. C’est aussi un centre touristique plein d’attraits : galeries d’arts, concerts de musique classique, lieu de conférences et congrès internationaux, centre équestre.
Toutes les spécificités et la richesse de la ville sont présentées chaque année lors des rencontres interdisciplinaires (sciences, culture et environnement) qui portent le nom de «Uroczyska». Plus d’un sera surpris d’apprendre qu’en hiver ce petit village se transforme en paradis des amateurs des skis de fond. Durant les trois autres saisons, partent d’ici de nombreux itinéraires à la découverte de la Grande Forêt Vierge Knyszynska.
Le long de la frontière biélorusse s’étend le plus ancien parc national de la Pologne, la forêt vierge de Bialowieza. Il faut savoir que dans le village même de Bialowieza se trouve un important centre scientifique, la
Station d’Etudes sur les Mammifères, qui fait partie de l’Académie Polonaise des Sciences. La forêt vierge constitue en même temps une réserve naturelle du bison Européen. Ces bovidés vivent ici en liberté, protégés dans une réserve stricte. Mais les forêts abondent en sangliers, cerfs, élans, chevreuils et faisans. C’est sur ces mêmes terres que chassaient autrefois les éminents rois de Pologne et autres grands tsars voisins. Bialowieza, c’est l’endroit qu’il faut visiter pour sentir toute la puissance et l’omniprésence de la Nature. C’est là où l’on trouve les arbres les plus extraordinaires, datant parfois de plusieurs centaines d’années. Le cœur même de la
Palac Branickich
forêt, c’est un endroit impressionnant qui se visite avec un guide. Mais il y a aussi de nombreux itinéraires pour faire des randonnées pédestres ou à vélo. La forêt vierge de Bialowieza se prête à l’exploration en toute saison. Ces sont les images d’hiver qui se graveront spécialement dans les mémoires. Des excursions en traîneaux à travers la forêt sombre, éclairée uniquement par quelques torches, des feux, des saucisses fumées et de la Zubrowka locale – quasi-indispensable dans ce décor. A proximité passe le circuit des Tatares.
Ce qui est resté de la culture matérielle de ce peuple est conservé au Musée régional de Sokolka. Nous y trouverons des informations sur l’histoire et les traditions de cet «Orient polonais». Au 17e siècle, le roi Jan III Sobieski initia la colonisation de la Podlasie en distribuant des terres aux Tatares et leur accordant des titres de noblesse et de nombreux privilèges. Ce fut un geste de reconnaissance à ce peuple qui soutint la Pologne lors de ses guerres. Au cours de siècles, les Tatares gardèrent leurs particularités religieuses et culturelles. Ils continuaient à servir leur nouvelle patrie en tant que soldats, mais s’occupaient aussi de la pelleterie et de la tannerie, en confectionnant notamment les meilleures fourrures pour ces rudes hivers orientaux.
La deuxième étape sur le circuit des Tatares est le village de Bohoniki qui possède une mosquée en bois datant du début du 19e siècle et un cimetière musulman – «Mizar». On sera tout de même surpris de découvrir des noms à sonorités polonaises gravés sur les tombes : Aleksandrowicz, Miskiewicz, Konopacki, Jeljasiewicz.
C’est le résultat des privilèges accordés aux Tatares par le roi. Nous retrouverons le même climat du métissage religieux et culturel à Kruszyniany qui fut offert à l’officier tatare Samuel Murzy-Krzeczowski.
Dziekujemy Podlaskiej Regionalnej Organizacji Turystycznej za zdjecia.
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